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title: "Les serveurs Minecraft qualifiés d’illégaux par l’ESA, une affirmation factuellement fausse"
date: 2026-07-02
author: "Clément Reynaud"
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# Les serveurs Minecraft qualifiés d’illégaux par l’ESA, une affirmation factuellement fausse

Lors d’une audition au Sénat de Californie, une représentante de l’ESA, le principal lobby de l’industrie du jeu vidéo aux États-Unis, a qualifié les serveurs communautaires de Minecraft et de Call of Duty d’illégaux, avant de les comparer à un marché noir. La séquence, [relayée par la presse spécialisée](https://www.pcgamer.com/gaming-industry/esa-bafflingly-declares-private-minecraft-servers-illegal-in-stop-killing-games-hearing-we-consider-it-piracy-we-have-lawsuits/), a dépassé les trois millions de vues sur X.

Un détail gêne. Mojang distribue lui-même le logiciel qui permet d’héberger ces serveurs.

## Ce qui a été dit à l’audition

Le débat portait sur le Protect Our Games Act, un texte de loi californien inspiré du mouvement Stop Killing Games. Son but, forcer les éditeurs à laisser leurs jeux jouables même après la fermeture des serveurs officiels. L’élu Chris Ward cite alors un exemple concret, les serveurs communautaires de Minecraft et de Call of Duty existent déjà et montrent que c’est possible.

C’est là que Jennifer Gibbons, vice-présidente de l’ESA, coupe court. Ces serveurs sont illégaux, dit-elle, et ne sont pas affiliés à Microsoft. Quand une sénatrice demande si l’on parle d’un marché noir du jeu vidéo, la réponse tombe. Oui, l’ESA considère cela comme du piratage, avec deux procédures en cours contre des serveurs privés.

[![Les serveurs Minecraft qualifiés d'illégaux par l'ESA, une affirmation factuellement fausse](https://minecraft.fr/wp-content/uploads/2026/07/les-serveurs-minecraft-qualifies-dillegaux-par-lesa-une-affirmation-factuellement-fausse2.webp)](https://minecraft.fr/wp-content/uploads/2026/07/les-serveurs-minecraft-qualifies-dillegaux-par-lesa-une-affirmation-factuellement-fausse2.webp)## Sauf que Minecraft distribue ses propres serveurs

Le souci, c’est que l’affirmation est fausse pour Minecraft. Le jeu propose en téléchargement officiel un fichier serveur que n’importe qui peut lancer chez lui. Héberger son [serveur Minecraft](https://minecraft.fr/categorie/serveur/) est une fonctionnalité documentée et assumée depuis toujours, pas une combine clandestine.

L’ESA s’appuie sur le fait que des rapports américains sur le piratage ont déjà pointé certains serveurs privés. C’est vrai, mais il s’agissait de serveurs qui permettaient de jouer à des titres payants sans passer par l’abonnement de l’éditeur. Rien à voir avec le serveur monté entre amis pour rejouer à une vieille partie.

## Notch et la communauté montent au créneau

La réaction ne s’est pas fait attendre. Notch, le créateur original de Minecraft, qui n’a plus aucun lien avec le jeu depuis sa vente à Microsoft, a lâché que l’ESA se comportait de façon minable et que c’était, selon ses mots, à la limite du malveillant.

Plusieurs figures de la communauté ont embrayé, réclamant que Microsoft ou Mojang prennent publiquement position. Pour beaucoup, laisser un lobby ranger les serveurs Minecraft du côté du piratage sans réagir passerait très mal.

> I'm not part of either any more, but I feel like the ESA is being incredibly scummy by pulling this. I've never liked them, but even less so now.  
>   
> I did not wish for my work to be used against people. This is borderline evil.
> 
> — notch (@notch) [July 1, 2026](https://x.com/notch/status/2072179272744104341?ref_src=twsrc%5Etfw)



## L’ESA nuance, sans vraiment convaincre

Face au tollé, l’ESA a [précisé sa position](https://www.videogameschronicle.com/news/esa-clarifies-views-on-private-servers-after-saying-minecraft-servers-are-illegal-and-considered-piracy/). Sa représentante répondait à une question confuse qui mélangeait serveurs communautaires et serveurs privés. Le lobby vise en réalité les serveurs qui hébergent du contenu protégé sans autorisation, et s’inquiète d’une loi qui les présenterait comme une solution officielle pour maintenir un jeu en vie.

Le texte de loi, lui, n’est pas passé. Il a manqué la majorité nécessaire, mais a obtenu un réexamen, donc l’affaire n’est pas close. Reste une séquence gênante pour l’industrie, prise à traiter de pirates des millions de joueurs qui ne font qu’utiliser un outil fourni par l’éditeur.