Début de projet, votre avis ?

RouGeGorge

Grand gourou de la secte du zeugma
11 Mai 2015
77
13
46
27
Bonjours, j'ai commencé à écrire une fiction, et j'aimerais avoir quelques retours sur l'écriture déjà, si des choses vous choquent, si l'histoire et l'introduction sont faciles à comprendre et aident à l'immersion, et ensuite, dans un second temps, vos idées, suggestions pour la suite, ou même des avis sur l'histoire elle même. Merci d'avance !
-=============================-​
J'ai jamais su comment commencer un bouquin. Ou un journal. Une chronique. Tient c’est joli ça, une chronique. Une sorte de journal intime, mais pour les grands. Bon, vous l'aurez deviné, je suis pas le Balzac 2.0. Mais voilà, des écrivains, y'en a plus beaucoup en stock. Ah oui j'y viens, en fait…. Ben le monde est tombé sur la tête. Mais vraiment. Au sens littéral. Vous me croyez toujours pas ? Attendez donc d'avoir un gros bleu au sommet du crâne et on en reparlera. C'est globalement ce qui pouvait arriver de moins pire en fait. Le pire ? Hmmm, comment l'expliquer… Vous voyez Saturne ? Le machin en forme de pneu autour ? Ben ça fait un peu pareil sur terre. Mais avec tout ce qu'il y avait dessus avant. Vous compris. Toujours pas ? Gravité inversée, c'est comme ça que les intellos en parlent. Moi je dis juste que c'est un sacré bordel.

Déjà, qui je suis ? Vous attendez pas à Tom Cruise, le poil lustré et les dents blanches, pour appréhender l'apocalypse à coup de grands sourires photoshopés et d'armes à feu diverses. Nan, moi je suis plutôt le genre pantouflard. La vingtaine, pas spécialement mignon, pas dégueulasse non plus, fin ça, c'est quand j'ai pris une douche. J’étais étudiant en LEA, vous savez, le truc où on glande dans un amphi avec les Pink Floyd cachés dans la manche, en faisant style de se gratter l'oreille. Voilà. Tout bon. Pas tout à fait le prototype du mâle alpha qui repeuplera la Terre aux bras d'une belle blonde énamourée. Mais si vous feuilletez ça chez Mollat en attendant que votre chérie en aie finie de flirter avec l'étagère complète de Nietzsche, vous pouvez encore reposer ça et vous payer un MacDo avec vos 20€ qui traînent. Vous aurez moins de regrets.

En fait, être pantouflard, c'est plutôt ce qui m'a sauvé la vie du coup. Parce que le fait que tout tombe dans le ciel, ça, ça peut arriver en hiver, vous trouverez toujours quelques marmottes au fond d'une cave, occupées à se pelotonner devant le poële pour survivre. Pour ça, aucun problème. Mais quand ça arrive en été, que la famille entière, le parasol, la crème solaire, les cornets de glace, et les 500 hectares de plages se disent en même temps que le ciel, c'est pas mal non plus comme destination, alors là, des gens encore en bas pour vous raconter le merdier, c'est un poil plus rare. Moi je faisais des heures supp dans un parking souterrain pour fuir la canicule.

Vous devez pas encore réaliser, vous vous dites « Ouais bon, les gens tombent dans le ciel, et alors ? De toute façon, Newton a dit que c'était pas possible, alors qui c’est ce gars pour nous vendre l'inverse, et que son traité sur les attractions gravitationnelles commence par j'ai jamais su écrire un bouquin ». Mais imaginez que tout pèse à l'envers ? Déjà que la Tour de Pise menace de se casser la gueule pour une poignée de degrés mal placés, alors imaginez ce qu'elle fera la tête à l'envers ? Ben les voitures, les arbres, une bonne partie de la pelouse mondiale, et les garages à tondeuses qui vont avec ont pris la tangeante avec plus ou moins d'organisation. En fait, si on devait faire une liste de ce qui tient encore debout, on joue aux 7 familles avec les parkings souterrains et les sous-sols enfantés par les architectes qui ont eu plus de 18 à leur exam final.

Je dis « debout », et tout le cortège de joyeuses absurdités lexicales reliées à « haut » et « bas », mais en fait, à proprement parler, le ciel se résume à de la terre qui joue à chat perché avec le peu de béton qui a bien voulu rester accroché, et en guise de sol, on a la profondeur abyssal d'un beau ciel d'été. Beau, clair, ensoleillé, mais immatériel. Vide. Désespérément impalpable. On peut pas poser le pied dessus quoi. Et Dieu sait, là haut, qu'un bon paquet de ses créations parmis les plus évoluées ont essayées de jouer les Moïses de l'aviation moderne. Sans grand succès, il faut bien l'avouer. Comprenez que c'est un peu la galère pour aller à l'épicerie de l'angle chercher le jambon cru et le sopalin qui manquent.

C'est aussi ce que je me suis dit quand, rampant collé au plafond je suis arrivé au bout du parking où j'avais garée mon fiacre : une fringante et désormais inutilisable Seat Ibiza. Je dois dire que j'écris pas pour Luc Besson, mais voir le héros perché sur le bord du plafond, l'immensité du vide trônant sous ses petons, et avec pour seul plafond l'avenue Victor Hugo, l'ayant honoré du strip-tease de ses hôtels particuliers de part et d'autre, ça doit en jeter sévère. Faudra que je demande ça pour illustrer la couverture d'ailleurs. Si vous avez encore mal à la tête d'entrevoir ce que ça donne, eh bien imaginez vous encore la tête à l'envers, marchant sur le plafond de votre maison, et que vous alliez ouvrir la porte d'entrée. Enjambez donc cette marche ridiculement haute qui s'appelle le bout de mur entre votre porte et le plafond, et voilà, félicitation, vous venez de gagner un allez simple pour Mars sans aucune combinaison spatiale, réserve d'oxygène, ou fusée Ariane portative. Et dites bonjour aux complications potentiellement mortelles.

Et bien moi, pardonnez moi, mais je tiens à la vie. Alors je me suis roulé en boule. Et j'ai pleuré. Pas non plus la larme digne, roulant photogéniquement du coin de l'oeil à celui de la joue, avec toute la théâtralité d'un drame Shakespearien. Non. Le bon gros caca nerveux de celui dont le cerveau a explosé devant l'ampleur de la situation. Donc un demi-litre plus tard, et quelques lamentations bonus, mon alter-ego courageux s'est réveillé et a voulu jouer les MacGiver de la survie en milieu hostile. Manque de bol, il avait pas d'idées pour construire un hélicoptère compact avec les restes écrasés des 154 voitures des vacanciers qui ne les réclameront même plus. Donc il a bêtement cherché un plan pour voir s'il y avait de bêtes couloirs souterrains pour mener vers d'autres bêtes endroits avec un peu plus de choix nutritifs que de la tôle et de l'essence. Sauf que quand on connaît déjà pas Bordeaux à l'endroit, ben à l'envers, je vous le recommande pas.
 

Sphalt

La belette
31 Mars 2013
1 212
242
187
J'adore ! J'adore vraiment. C'est jeune, c'est frai, simple à lire pas de prises de têtes avec des mots compliqués. Ça se dévore tout cru à tel point qu'une fois arrivé à la fin tu ne peux t'empêcher de lâcher un "Déjà ?". Je sais pas si ton délire de monde à l'envers est plausible (du moins sur terre) mais on imagine très bien la galère et le fait que tu y mettes un personnage commun de la vie de tous les jours. Pas con mais pas un héro pour autant permet de bien s'identifier.
J'attend la suite.
 

RouGeGorge

Grand gourou de la secte du zeugma
11 Mai 2015
77
13
46
27
Merci beaucoup ! Plausible, certes.En fait, j'essaye d'être plausible sur ce qui va se casser la gueule ou pas, juste que cet évènement ne le soit pas. Je ferai probablement une partie pour en parler, etc...
 

Excentrique pas Fou

Jeune vieux con, excentrique mais pas fou.
1 Janvier 2015
2 777
259
247
J'aime beaucoup.
Tu perds un peu le lecteur sur les figures de styles incessantes mais ca passe.

Bravo a toi !