Bill Silverlight, membre des Feed the Patrick et fondateur de Language Craft, nous retrouve à l’occasion de l’exposition de deux timelapses de la chaîne au Musée d’Art Contemporain d’Anvers. Youtubeur à plein temps et passionné, il possède également sa propre chaîne de plus de 50 000 abonnés, où l’on peut y retrouver des séries diverses telles que Skyblock Survival ou encore  Flag Wars. Voici son interview pour Minecraft.fr.

INTERVIEW

L’enregistrement est disponible en bas de l’article.

Bonjour et merci de nous accorder cette entrevue! Je te propose de débuter par le commencement: comment as-tu découvert Minecraft? Qu’est-ce qui t’as séduit dans ce jeu?

Je l’ai découvert à travers un jeu qui s’appelle eRepublik, mais avant ça, j’en avais même entendu parler par mes beaux-frères qui m’avaient montré une chanson horrible sur le jeu, mais qui avait quand même piquée ma curiosité. Je suis allé voir quelques vidéos dessus puis le lendemain j’ai acheté le jeu et je me suis lancé. Ce qui m’a plu c’est vraiment le côté créatif: je suis nul en dessin, du coup Minecraft, c’est ma façon de m’exprimer visuellement et de créer mon monde, de l’explorer, de représenter tout ce que j’ai dans la tête.

Peux-tu nous parler de ton parcours dans la communauté? 

De façon chronologique à la base, j’étais juste un joueur comme les autres sur un serveur, si ce n’est que je créais une ville entière, ce qui était nouveau, et la dirigeais. Après, j’ai commencé à faire des vidéos pendant un an et demi, j’ai juste fait ça vraiment dans mon coin. J’ai fait le timelapse d’Iram en février 2011 qui a commencé à faire un petit peu de bruit. J’ai aussi gagné le concours de Minecraft.fr justement, «Minecraft plus qu’un jeu», avec un court métrage. Ensuite, j’ai commencé à faire beaucoup d’autres choses que Minecraft même si Minecraft restait le coeur de la chaîne. Puis en novembre 2012 juste après la Minecon j’ai rencontré les Patricks, et là la chaine a vraiment explosée. Ce qui a attiré énormément de constructeurs, par exemple, si on reste au niveau de Language Craft en tant que tel. Ça a agrandi l’équipe et a donné beaucoup plus de visibilité à la chaîne, et donc ça donne les constructions qu’on a maintenant. On a fait le château de Lem avec la team Eventime par exemple. C’est des fois dur de différencier Bill de Language Craft, et surtout pour moi c’est dur de passer autant de temps avec les autres youtubeur (les Patricks) et avec Language Craft qui est quand même mon équipe, mon petit bébé.

Bill, sur la droite

Est-ce grâce à la Minecon que tu as rencontré les Patricks?

Non du tout, justement. Je voulais les rencontrer à la Minecon parce qu’ils venaient juste de lancer le concept, et en fait moi je faisais un guide sur Tekkit (j’ai fait un guide sur Tekkit pendant un an et justement on en était à à peu près six mois à ce moment là)  et apparemment quand Azenet et Aypierre on sortit la première vidéo sur Feed the Patrick, dans les commentaires, la moitié étaient: «Invitez Bill». Ce qui est assez flatteur! Mes abonnés m’ont du coup énormément apporté de ce point de vue là, ça a éveillé la curiosité d’Azenet et d’Aypierre, ils sont allé voir, ils ont bien aimé ma chaîne et ils m’ont invité. Tout simplement.

Deux timelapses de Language Craft vont être diffusé au musée d’Art Contemporain d’Anvers pendant plusieurs mois, comment est venue cette opportunité?

C’est peut-être un peu bizarre de dire ça, mais en gros c’est moi qui ai un peu créé l’opportunité, c’est à dire que ce n’est pas quelqu’un de nul part qui est venu me voir, mais en fait je fais partie d’un groupe de réalisateurs, monteurs, acteurs et de scénaristes anglophone à Paris et un jour pour une réunion je leur ai dit: « Écoutez, moi je suis youtubeur, est-ce que ça vous intéresse que je vous en parle, que je vous montre ce que je fais? » Ils ont dit oui. Je leur ai fait tout un topo, je leur ai montré mes timelapses, et au final il y en a un qui m’a recontacté qui m’a dit: «J’ai adoré ce que vous faites, j’adore le coté social, de vraiment construire une construction à plein plutôt que juste quelqu’un sur son logiciel 3D» Du coup il voulait qu’on contribue, qu’on participe à l’exposition. Évidemment, on a dit oui, le principe nous intéressait, le projet en lui même nous intéressait, ça a donc donné la gare d’Anvers et le studio de cinéma.

 

Quelles sont tes attentes quant à cette exposition?

Honnêtement, je ne m’attends pas à gagner beaucoup d’abonnés, je ne pense pas que ce soit le but. Par contre, je pense que le peu d’abonnés que ça va m’apporter, ou nous apporter, ce seront des gens qui n’auraient pas été touchés sinon, qui vont découvrir Minecraft. Je trouve ça génial, parce que toujours toucher les convaincus ça ne sert à rien. Là, ça sort vraiment du cadre internet, du cadre minecraft, des gens qui connaissent déjà. Du coup c’est génial de passer le pas! Minecraft dans un musée, je crois que c’est la deuxième fois (Peut-être la première, mais il me semble que c’est la deuxième).

Combien de temps prend une construction en moyenne?

Beaucoup plus que ce qu’on pourrait penser. Typiquement, les deux vidéos pour le musée c’est six-cent heures de boulot, les deux réunies. Ça inclut construction, déconstruction et montage. Au niveau de la construction seule je dirais quatre-cent, quatre-cent cinquante heures réparties sur une dizaine de personnes. Donc en gros il faut imaginer que tu as dix personnes qui passent deux jours enfermés vingt quatre heures sur vingt quatre et voilà ce qui en ressort. Mais en vrai c’est plus que ça parce que avant il faut tout préparer. Le début par exemple est très très lent parce qu’il faut établir ne serait-ce que les proportions. La gare d’Anvers on la construite une fois mais ce n’était pas assez grand, il n’y avait pas assez de détails donc on a tout recommencé: la façade pour tout refaire à peu près 1,5 fois plus grand, et la ville de Lem avec la cathédrale, ça s’est fait sur cinq mois mais ce n’était pas super intense. Donc en gros c’est vraiment beaucoup de temps et c’est clair que ce n’est pas quelque chose qu’on va faire en un week-end.


Comment s’organise un timelapse?

Alors ça dépend vraiment de qui tu parles, tout le monde a sa technique. Ça dépend si c’est un timelapse en construction ou en déconstruction, nous on fait les deux. Mais typiquement ma façon de procéder c’est: J’ai une idée, je vais déjà trouver des images de références, je vais les poster sur le forum, en parler à tout le monde. On va commencer à faire soit la forme du terrain soit des plans très très basiques, ça dépend. Par exemple pour la gare, on n’avait pas de plans mais on savait déjà les formes qu’on voulait. Pour une ville, on va tracer des routes, des choses comme ça, on décide que là il y a un lac etc et on va peut-être placer juste des laines pour indiquer où vont être les bâtiments principaux, mettre des panneaux et en gros derrière on va juste construire. Si c’est en déconstruction, tout le monde construit vraiment pour que ce soit parfait, ils prennent le temps qu’ils veulent, par contre si c’est en construction on dit: Bon bah voilà, le plan dure une heure, dans une heure il faut que ces deux maisons là soient terminés pour chaque personne. C’est beaucoup d’organisation et c’est dur. Il faut beaucoup s’entraîner.

Imaginais-tu autant de succès?

Ça va paraître bizarre mais oui. En fait, au début je m’attendais à avoir beaucoup de succès, puis j’ai vite déchanté parce que c’était beaucoup plus dur que ce que je pensais. Après, le jour où vraiment le succès est enfin arrivé, ça m’a mit une claque. Parce que je ne m’attendais pas du tout à ce que ça ait cette forme là et je suis très très content qu’il ai mit longtemps à arriver parce que un an plus tôt, je n’aurais pas été prêt. Donc oui, puis non.

As-tu d’autres projets de prévus sur Minecraft?

On a encore et toujours des timelapses, on a une cinématique où je n’ai plus qu’à filmer mais la construction est déjà terminée, un autre qui est déjà à moitié tournée, deux constructions de terminées, deux autres projets en cours, Flag wars saison trois qui est vraiment en production en ce moment, on a énormément de partenaires que ce soit au niveau plugins, redstone, constructions, terraforming, la crème de la crème. On a également des projets de courts-métrages et de web-séries depuis quelques temps. Donc on a trop de choses, et du coup tout ce que j’annonce ça va arriver pour certains dans les semaines à venir, pour d’autres dans les mois à venir, et certains dans les années à venir.

Le mot de la fin? Des remerciements?

Ben écoute oui, je vais remercier mon équipe parce qu’un projet pareil n’est pas faisable par une seule personne. Tout le monde a fait un boulot fantastique par exemple on a mis en retrait d’autres projets qui étaient en cours et qui auraient du sortir en ce moment et je leurs ai dit «Regardez le projet que j’ai dégoté, il faut qu’on s’y mette à fond!». Et ils l’ont fait. Je trouve ça génial le travail qui a été accomplit par tout le monde, et je suis très très fier de l’équipe et de ce qu’on a pu créer.

L’exposition se tient au Musée d’Art Contemporain à Anvers du 7 juin au 7 septembre 2013.

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