C418, le compositeur de Minecraft, parle de l’épuisement après avoir créé Wanderstop, un jeu traitant justement de ce sujet
Daniel Rosenfeld, plus connu sous son pseudonyme C418, a composé une bande-son emblématique pour toute une génération grâce à son travail sur Minecraft. Comme il l’a confié à Polygon, être reconnu éternellement comme « le gars de Minecraft » ne le dérange absolument pas. Toutefois, le 11 mars, le compositeur a publié un projet plus personnel : un jeu vidéo à la fois intime et émotionnel intitulé Wanderstop, dans lequel il a joué un rôle central.
Développé par le studio Ivy Road, Wanderstop raconte l’histoire d’Alta, une puissante guerrière. Après avoir subi une humiliante défaite dans une arène publique, elle se retrouve perdue dans une forêt et découvre une étonnante boutique de thé. Parmi les nombreux thèmes abordés par le jeu, l’épuisement est central. Alta se considère comme une « ratée » et se dévalorise après son échec. Dès le début du jeu, vous avez l’occasion de lui conseiller de se reposer, mais après un bref instant de pause, elle se remet immédiatement à courir, convaincue qu’elle ne doit surtout pas devenir « paresseuse » ou « complaisante ». Au fil de l’histoire, le jeu oblige finalement Alta à faire une véritable pause.
Selon Rosenfeld, il a lui-même traversé des difficultés similaires durant la création de Wanderstop. Contrairement à ses projets précédents, où son rôle se limitait à la composition musicale, Rosenfeld s’est investi cette fois comme compositeur et ingénieur du son, en s’occupant « de tout ce qui touche à l’audio ».
« J’ai dû affronter beaucoup d’émotions difficiles, surtout liées au travail acharné. Même sur ce projet, je ne peux pas m’arrêter de travailler », avoue Rosenfeld. « Il reste un mois avant la sortie officielle, et je pense encore faire quelques corrections aujourd’hui. »
« Poser le crayon, c’est vraiment très difficile pour moi, et prendre le temps d’apprécier l’instant présent est encore plus compliqué, notamment en raison de mon TDAH », ajoute-t-il. « C’est ironique, car le jeu transmet justement ces messages-là, et parfois je me dis que je comprends parfaitement ce qu’il veut dire, mais que je ne peux tout simplement pas écouter pour le moment. Je dois encore foncer tête baissée. »
Malgré ses propres défis, Rosenfeld souligne que toute l’équipe derrière Wanderstop est très attentive à la question du repos et du surmenage. « C’est assez ironique, je vous l’accorde, mais heureusement notre équipe prend très au sérieux le risque de surcharge de travail. Je crois qu’il n’y a eu aucun crunch pendant le développement de ce jeu », précise-t-il.
Avec son expérience acquise sur un projet mondialement reconnu comme Minecraft et les défis particuliers que représente le développement indépendant, Rosenfeld explique ce qui l’a attiré vers Wanderstop et l’univers indé :
« J’ai discuté avec beaucoup de monde dans différents milieux, que ce soit dans les studios AAA, à Hollywood, ou encore avec des musiciens indépendants en tournée. Ce que j’apprécie particulièrement dans le secteur indépendant, c’est cette capacité à porter plusieurs casquettes, ce côté touche-à-tout et multitalentueux. J’adore cette ambiance créative et spontanée que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. »