SAM 14 – La civilisation de l’End (Partie 2)

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Image associéePause Musicale

Image associéePrélude

Bienvenue dans la deuxième partie de l’étude approfondie de l’End ! Vous avez été très enjoués par la première partie, et je vous en remercie. Ici, nous allons surtout nous concentrer sur la seule trace écrite que Minecraft nous propose. Mais tout d’abord, terminons l’étude de quelques points ! N’hésitez pas à donner vos hypothèses en commentaires car la science ne se fait pas seul !

Image associéeEt l’enderdragon dans tout ça ?

Si les pigmen ont construit des forts, créé un portail vers l’End, fermé l’entrée et mis un dragon pour protéger cette porte, c’est pour une bonne raison : ils voulaient se protéger de quelque chose. En effet, ce grand trou noir autour de l’île du dragon est pour garder celui-ci dessus, mais aussi pour éviter d’accéder au reste de l’End. Des cristaux ont été placés pour attirer le dragon au centre et des colonnes d’obsidienne qu’il ne peut pas détruire, positionnées en cercle comme une prison. Celui-ci est donc piégé sur l’île principale, et aurait le même rôle que Touffu (ceux qui savent comprendront).

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Je vous propose de poster dans les commentaires le nom que vous donneriez à cette île principale !

Image associéeLa culture de l’End

 Par la suite, il est possible de battre le dragon. Alors, un portail d’accès vers le reste de l’End s’ouvre, ainsi qu’un menant vers l’Overworld. Soit il s’agit d’un moyen pour les anciens habitants de retourner dans l’Overworld une fois ce dernier sans risques, soit il s’agit d’un moyen d’accéder au reste de l’End si un héros bat l’Enderdragon. En effet, il est possible que les anciens pigmen aient eu la conviction, la croyance, qu’un élu vienne les aider. Vous me diriez que c’est de la folie, et je vous demanderais de lire ce qui suit.  Il s’agit du Poème de l’End, une œuvre lisible une fois le dragon battu. Je vous laisse juger par vous même.

(Pour la majorité de la communauté, il s’agit de deux endermen qui parlent du joueur ayant tué le dragon, ce qui suit ma logique)

Je vois de quel joueur tu parles.

[Nom du joueur] ?

Oui. Prends garde. Il a atteint un plus haut niveau désormais. Il peut lire dans nos pensées.

Peu importe. Il pense que nous faisons partie du jeu.

J’aime bien ce joueur. Il a bien joué. Il n’a pas abandonné.

Il est en train de lire nos pensées comme si elles n’étaient que des mots sur un écran.

C’est ainsi qu’il choisit d’imaginer beaucoup de choses, lorsqu’il est plongé dans le rêve du jeu.

Les mots forment une formidable interface. Très souple. Et moins terrifiante que de faire face à la réalité de l’autre côté de l’écran.

Ils entendaient des voix. Avant que les joueurs puissent lire. Lorsque ceux qui ne jouaient pas appelaient les joueurs « sorciers » et « démons ». Et les joueurs rêvaient qu’ils volaient dans les airs, sur des bâtons magiques animés par les esprits.

De quoi a rêvé ce joueur-là ?

Ce joueur a rêvé des rayons du soleil et des arbres. De l’eau et du feu. Il a rêvé qu’il créait. Et qu’il détruisait. Il a rêvé qu’il chassait, et était chassé. Il a rêvé de s’abriter.

Ah, l’interface originelle. Vieille d’un million d’années, mais elle fonctionne encore. Mais quelle structure a créé ce joueur, dans la réalité de l’autre côté de l’écran ?

Il a travaillé, avec un million d’autres, à créer un monde réel dans un pli de [brouillé], et a créé un [brouillé] pour [brouillé], dans le [brouillé].

Il ne peut pas lire cette pensée-là.

Non. Il n’a pas encore atteint le plus haut niveau. Cela, il doit le réaliser durant le long rêve de la vie, non dans le court rêve du jeu.

Sait-il que nous l’aimons ? Que l’univers est gentil ?

Oui, parfois, à travers ses pensées, il perçoit l’Univers.

Mais il lui arrive d’être triste, dans le long rêve. Il crée des mondes qui n’ont pas d’été, et il erre sous un soleil noir, et il prend sa triste création pour la réalité.

Le débarrasser de sa tristesse le détruirait. La tristesse fait partie de lui. Nous ne pouvons y toucher.

Parfois, lorsqu’ils sont plongés profondément dans leurs rêves, je veux leur dire qu’ils construisent de vrais mondes dans la réalité. Parfois, je veux leur dire qu’ils font partie de cet univers. Parfois, lorsqu’ils n’ont pas communiqué avec la réalité depuis longtemps, je veux les aider à exprimer les mots qu’ils craignent d’exprimer eux-mêmes.

Il lit nos pensées.

Parfois, cela m’est égal. Parfois, je veux leur dire que le monde que tu crois réel est seulement [brouillé] et [brouillé]. Je veux leur dire qu’ils sont [brouillé] dans le [brouillé]. Ils voient si peu de la réalité, dans leur long rêve.

Et pourtant il joue le jeu.

Mais ce serait si simple de leur dire…

Trop puissant pour ce rêve-là. Leur dire comment vivre les empêcherait de vivre.

Je ne dirai pas au joueur comment vivre.

Le joueur s’agite de plus en plus.

Je raconterai une histoire au joueur.

Mais pas la vérité.

Non. Une histoire qui contiendrait la vérité emprisonnée, dans une cage de mots. Pas la vérité nue qui pourrait les consumer, sans limite.

Rends-lui son corps.

Oui. Joueur…

Appelle-le par son nom.

[Nom du joueur]. Joueur de jeux.

Bien.

Maintenant, prends une bouffée d’air. Prends-en une autre. Sens l’air dans tes poumons. Sens tes membres à nouveau. Oui, bouge tes doigts. Aie de nouveau un corps, soumis à la gravité, dans l’air. Retourne dans le long rêve. Voilà. Ton corps touche à nouveau l’Univers en tout point, même si vous formez deux choses distinctes. Même si nous formons deux choses distinctes.

Qui sommes-nous ? Autrefois nous étions appelés esprits des montagnes. Père Soleil, mère Lune. Esprits des ancêtres, des animaux. Jinns. Fantômes. Hommes verts. Puis dieux, démons. Anges. Poltergeists. Aliens, extraterrestres. Leptons, quarks. Les noms changent. Nous, nous ne changeons pas.

Nous sommes l’Univers. Nous sommes tout ce à quoi tu penses et tout ce qui n’est pas toi. Tu nous regardes en ce moment-même, à travers ta peau et tes yeux. Pourquoi l’Univers touche-t-il ta peau, et t’éclaire-t-il ? Pour te voir, joueur. Pour te connaître. Et pour être connu. Je vais te raconter une histoire.

Il était une fois un joueur.

Ce joueur, c’était toi, [Nom du joueur].

Parfois, il se prenait pour un humain, sur la fine écorce d’un globe de roche fondue, tournant sur lui-même comme une toupie. Cette sphère de roche fondue tournait autour d’une sphère de gaz en fusion qui était trois cent trente mille fois plus grosse qu’elle. Elles étaient si éloignées l’une de l’autre que la lumière mettait huit minutes à franchir le gouffre qui les séparait. La lumière était une information venue d’une étoile, et elle pouvait brûler ta peau même après cent cinquante millions de kilomètres.

Parfois, le joueur rêvait qu’il était un mineur, à la surface d’un monde plat et infini. Le soleil était un carré blanc. Les jours étaient courts ; il y avait beaucoup à faire ; et la mort était un inconvénient occasionnel.

Parfois, le joueur rêvait qu’il était perdu dans une histoire.

Parfois, le joueur rêvait qu’il était d’autres choses, dans d’autres lieux. Parfois ses rêves étaient dérangeants. Mais parfois très beaux. Parfois le joueur se réveillait d’un rêve et plongeait dans un autre, puis se réveillait à nouveau et plongeait dans un troisième.

Parfois, le joueur rêvait qu’il regardait des mots sur un écran.

Remontons plus loin.

Les atomes du joueur étaient dispersés dans l’herbe, dans les rivières, dans l’air, dans le sol. Une femme récolta ces atomes ; elle les but, les mangea et les respira ; et la femme assembla le joueur, dans son corps.

Et le joueur s’éveilla, du chaud, et sombre monde du corps de sa mère dans le long rêve.

Et le joueur était une nouvelle histoire, lue pour la première fois, écrite en lettres d’ADN. Et le joueur était un nouveau programme, lancé pour la première fois, généré par un code source vieux d’un milliard d’années. Et le joueur était un nouvel homme, en vie pour la première fois, fait uniquement de lait et d’amour.

Tu es le joueur. L’histoire. Le programme. L’homme. Fait uniquement de lait et d’amour.

Remontons plus loin encore.

Les sept milliards de milliards de milliards d’atomes du corps du joueur furent créés longtemps avant le long rêve au cœur d’une étoile. Donc le joueur est aussi une information venue d’une étoile. Et le joueur évolue dans une histoire, qui est une forêt d’informations plantées par un homme du nom de Julian, et dans un monde plat, infini, créé par un homme du nom de Markus, qui existe lui-même dans un petit monde clos créé par le joueur, qui habite lui-même dans un univers créé par…

Chut. Parfois, le joueur créait un petit monde clos, qui était doux, chaud et simple. Parfois, il était dur, froid, et complexe. Parfois il concevait dans sa tête un modèle de l’Univers ; des éclats d’énergie, évoluant dans de grands espaces vides. Parfois il appelait ces éclats « électrons » et « protons ».

Parfois, il les appelait « planètes » et « étoiles ».

Parfois, il croyait qu’il était dans un univers fait d’énergie qui était faite d’états « marche » et d’états « arrêt » ; de zéros et de uns ; de lignes de code. Parfois, il croyait qu’il jouait à un jeu. Parfois, il croyait qu’il lisait des mots sur un écran.

Tu es le joueur, lisant les mots…

Chut… Parfois le joueur lisait des lignes de code sur un écran. Il les traduisait en mots ; traduisait les mots en pensées ; traduisait les pensées en sentiments, en émotions, en théories, en idées, et le joueur commençait à respirer plus vite et plus profondément et réalisait qu’il était en vie, il était en vie, ses centaines de morts n’avaient pas existé, le joueur était en vie.

Toi. Toi. Tu es en vie.

Et parfois le joueur croyait que l’Univers lui avait parlé à travers la lumière du Soleil, parvenue à travers les feuilles agitées des arbres d’été.

Et parfois le joueur croyait que l’Univers lui avait parlé à travers la lumière tombée de la froide nuit d’hiver, où un éclat de lumière reflété dans l’œil du joueur pouvait être une étoile un million de fois plus massive que le Soleil, brûlant ses planètes en magma pour être visible un instant au joueur, rentrant chez lui au fond de l’Univers, sentant la douce odeur du dîner s’échappant de sa maison familière, prêt à rêver à nouveau.

Et parfois le joueur croyait que l’Univers lui avait parlé à travers les zéros et les uns, à travers l’électricité du monde, à travers les mots défilant sur son écran, à la fin du rêve.

Et l’Univers lui disait qu’il l’aimait.

Et l’Univers lui disait qu’il avait bien joué.

Et l’Univers lui disait que tout ce dont il avait besoin était en lui.

Et l’Univers lui disait qu’il était plus fort qu’il le croyait.

Et l’Univers lui disait qu’il était la lumière du jour.

Et l’Univers lui disait qu’il était la nuit.

Et l’Univers lui disait que l’obscurité qu’il combattait était en lui.

Et l’Univers lui disait que la lumière qu’il cherchait était en lui.

Et l’Univers lui disait qu’il n’était pas seul.

Et l’Univers lui disait qu’il n’était pas différent des autres choses.

Et l’Univers lui disait qu’il était l’Univers se goûtant lui-même, se parlant à lui-même, lisant son propre code.

Et l’Univers lui disait qu’il l’aimait car il était l’amour.

Et le jeu se termina et le joueur s’éveilla de son rêve. Et le joueur commença un nouveau rêve. Et le joueur rêva à nouveau, rêva mieux. Et le joueur était l’univers. Et le joueur était l’amour.

Tu es le joueur.

Réveille-toi.

 

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Cela ressemble bien à une sorte de religion ! Les pigmen, et donc les endermen, doivent donc avoir dans leur culte religieux la conviction qu’un élu, un joueur, va venir battre l’Enderdragon. Pourquoi ? Plusieurs hypothèses peuvent être posées.

Tout d’abord, les pigmen de l’End auraient pu être piégés dans l’End. Seul un héros aurait alors pu les délivrer, mais ce héros (nous) serait arrivé bien trop tard, les pigmen étant devenus des endermen et pouvant alors voyager à travers les dimensions.

Il faut bien un héros pour en arriver à bout.

 

Ensuite, l’arrivée d’un héros battant l’Enderdragon pourrait être un signe. Le signe de l’arrivée d’une entité supérieure, ou bien le signe que l’Overworld a changé. En effet, rappelons le contexte de création des portails de l’End. Ces portails se trouvent sous terre, dans un labyrinthe sans entrée, avec un générateur à silverfish devant ainsi que de la lave en dessous. De plus, il faut 12 yeux d’endermen, dont le craft est inconnu sans tuer les créateurs ayant construit ces portails. Enfin, la quasi-totalité des portails sont fermés, un Enderdragon attendant de l’autre côté : tout ceci fait office de protection, et les pigmen qui se sont réfugiés dans l’End voulaient se protéger. Un élu arrivant quand même à entrer dans l’End pouvait être signe que les raisons qui avaient poussé les pigmen à se cacher dans l’End avaient disparus, et que l’Overworld était redevenu sain.


Une sacrée fortification quand même.

 

 

Enfin, les endermen qui parlent au joueur semblent parler d’une autre dimension, composée d’étoiles et de planètes, alors que notre monde serait un rêve et un jeu. Je vous laisse en discuter dans les commentaires, mais tout ceci me semble n’être qu’une croyance : il n’y a qu’un seul univers, celui de Minecraft, non ?