Récemment, je me suis mis à XCOM 2, un jeu de stratégie très très difficile. Vous pensez que ça n’a aucun rapport, mais attendez la suite. Entre deux sessions de rage, je me suis rendu sur Minecraft, afin de me calmer un peu (du moins, je croyais). Pas de multijoueur, une défaite me frustrerait. Alors, regardons du côté des maps : toutes faites, que je supprime une par une… Et puis, alors que la dernière s’affiche, je regarde le nom, et lis : Super Hostile. Je ne me souviens pas l’avoir faite, alors, naïf et quelque peu benêt, je lance la partie. Il s’agit de Sea of Flammes. Vingt minutes plus tard, calciné, sans ressource, affamé, les larmes aux yeux et ma famille jetée par la fenêtre, je me remets à XCOM. Quel calme…

Je vais être franc. Je ne voulais pas faire un Serial Mapeur sur cette série. Ç’aurait été me rappeler des souvenirs enfouis, et guère agréables. Mais ma conscience journalistique se dit : « Les lecteurs d’abord, toi après ». C’est donc à contre-cœur que je me suis lancé dans la rédaction de cet article. Ah, je viens à l’instant de me scarifier.

L'île principale de Sea of Flammes.

L’île principale de Sea of Flammes.

Pour être franc (encore une fois), je n’ai pas fait toutes les Super Hostiles, et n’ai pas fini toutes celles téléchargées. Les raisons officielles sont une vie sociale trop garnie (hum), un travail scolaire conséquent (double hum), une bibliothèque Steam remplie de jeux jamais joués mais achetés durant les compulsives soldes… Mais la cause véritable n’est pas de celles précédemment citées. J’ai voulu préserver ma santé mentale… C’est dit, j’assume l’échec de mon rôle de rédacteur…

Présentons rapidement Super Hostile pour les rares ne la connaissant pas. Ce sont des maps de style CTM (Complete The Monument), où chaque opus prend place dans un endroit génialement sordide. Elles furent créées par Vechs, un des plus grands mappeurs de la (courte) histoire Minecraftienne…

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Ce qui frappe aujourd’hui encore en jouant à Super Hostile, c’est cette ambiance sous tension que nous impose son créateur. Conscient que l’on est face à un monstre de frustration, on tente d’anticiper toutes les actions possibles, se précipitant pour récupérer la moindre ressource, évitant les monstres, n’approchant pas de tout ce qui est suspect, et j’en passe… Mais si SH est reconnue pour sa difficulté (sa réputation aujourd’hui encore est inégalée), n’oublions pas de reconnaître une autre immense qualité de ce monument : son univers, et plus particulièrement son décor.

Torture, macabre, hallucinatoire, il contribue largement à instaurer cette ambiance de peur constante chez le joueur. De l’île calcinée entourée d’une mer de flammes à l’île rocailleuse suspendue dans les airs, en passant par un désert obscur, il est impossible de ne pas voir en Super Hostile un cauchemar où la mort semble inévitable, et la paix inaccessible…

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Je pourrais aussi m’étendre durant des paragraphes sur la difficulté, mais de nombreux rédacteurs l’ont déjà fait avant moi, et il me semble inutile de me rajouter à cette liste, surtout pour rédiger des phrases entendues encore et encore, toutes à base de souffrance. Pour finir cet article, je préfère parler de l’importance qu’a SH sur les créations modernes. Car si aujourd’hui la série a un peu vieilli, les créateurs modernes lui doivent beaucoup. Que ce soit par une alchimie de la difficulté très bien dosée, un univers halluciné ou encore un sens de la fourberie très prononcé, Super Hostile à indéniablement influencé et inspiré (volontairement ou non) les mappeurs actuels. À l’image de Ragecraft, son pur héritier.

Si vous n’avez jamais fait de Super Hostile, je ne vous implorerai pas forcément d’en faire. Mais au moins de vous en souvenir en jouant à telle ou telle map, car quelque part, si la qualité est aussi présente dans le milieu de création Minecraftien, c’est un peu grâce à Super Hostile. Loin d’être parfait, SH n’est pas une simple map. C’est une vraie oeuvre, personnellement marquante,  et que l’on aime ou pas, on ne pourra jamais lui enlever ça.

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Corrigé par Dartasen et Teraltaah.